D'une origine fantastique III: une forêt très or
Repenchons nous encore sur ce sombre éblouissement de l'origine… et enfonçons-nous cette fois dans cette forêt qui la borde. Laissons nous prendre dans sa toison, dans l’immense énigme touffue du poil, du pelage… dans ce petit bois pubien qui semble entourer ou protéger, mais de quoi - de nos sens en émoi ? - la nudité d’une zone intensément désirable.
Qu'en est-il donc de la toison de l'origine ? De cette sauvagerie animale au cœur des belles lignes tant sublimées du corps de la femme ? De cette touffe ébouriffée sur sa peau pourtant voulue idéalement parfaitement lisse… sans qu’un poil ne dépasse et n'accroche le regard ? Car c’est en fait surtout l’œil qui s’agace des poils... c'est qu'on aime bien, en fait, les caresser de la main.
Je cherche la femme cachée dans la forêt comme je cherche la forêt dans la femme diraient les surréalistes. La nymphe de nos mythologies serait à la forêt ce qu’est le caché de la toison pubienne à la femme : une très désirable trouée de chair claire. Regardez toutes ces femmes au bain… où les couleurs chaires creusent la verdure. Serait-ce plus doux que tout là-bas ?… plus glissant assurément.
Où l'on se retrouve donc aux abords même de l'origine : cette source interdite mais si désirée où Actéon, à l'approche, écarte le feuillage et entraperçoit la déesse nue. À peine a-t-il le temps de jeter un œil sur sa toison qu’elle l’éclabousse… qu'elle déchiquète en petits morceaux la possibilité même d'en voir plus. Où le désir en se dénudant éprouve son déchirement. Des bois lui transpercent alors le crâne… avant que ses propres chiens ne se jettent sur lui et ne le dévorent. Actéon s’est aventuré en un lieu de ténèbres aux imprévisibles et terribles métamorph-r-oses.
Et comme une vision éclatée… dans le noir entrelacs des branches nues s’entrechoquant, d’un enchevêtrement à l’obscurité lumineuse…
Où l’on s’approche d’un épais fourré de plantes coriaces qui se tressent autour d’un escalier en colimaçon… une volée de marches faisant tournoyer toute l’obscurité avant de l’aspirer comme un vortex… une vrille végétale s’y enfonce.
Dans le noir, le vertige foisonne.
Où la forme recherchée n'est plus inventée et fantasmée mais où les lignes bougent et se brouillent… se décuplent et tourbillonnent dans l’éclatement de la forme perdue.
« Toutes les feuilles des trembles frémissant sans trêve, oscillant, palpitant… papillotant, pointillant la masse des arbres… fragments verts, le jeu de toutes ces petites feuilles ovales… écoutant l’arbre palpiter et s’ouvrir… opacité scintillante… feuillage illuminé… volutes dorées… la lumière se fractionnant en une infinité de particules miroitantes. »
Volutes dorées nous dit Claude Simon. C’est que l’orée peut aussi border une… forêt… très or… un écrin vert taché d’or… une toison d’or.
Les peintres du quattrocento utilisaient la feuille d’or pour faire vibrer d’ultimes chatoiements la canopée de leurs forêts.
On imagine au pastel un clair-obscur poudreux qui en soulignerait la densité vibrante et presque le grain. « Je ne vois rien que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie »… et qui ondoie… dans la dentelle d’or des o, des e et des i et des bouches d'ombres d'anciennes arcades...
Dans un genre plus spectral, je pense aux flammes électriques des buissons verts du Greco… que je verrais bien à côté d’un Soulages… ciré comme après une pluie. Une noire luisance pour un vert acidulé et lunaire. C’est l’exaltation de l’obscur chère au Greco avec ses cieux innervés d’argent… irriguées de blancheurs.
C’est qu’à l’inverse d’une toison d’or, la forêt pubienne peut apparaître comme un ciel d’or rose alvéolé dans les branches d’un arbre dont l’ombre noire se veine d’incandescence.
Les lignes et les volutes sont alors d’une netteté quasi métallique… intrigantes. Une ferronnerie tarabiscotée… il faudrait essayer de débrouiller quelque dessin de ces courbes entremêlées.
« Poils collés moites dans les plis obscurs de son corps noirs embrouillés semblables à ces griffonnages d’enfants… appuyant fort la mine de plomb crevant le papier… se déchirant… fente… rose cyclamen… ou plutôt lilas fané. » (encore Claude Simon)
Emballement du crayon… à la recherche de la forme perdue. Dans le tournis d’une folle inscription et d’une vaine circonscription des formes. Une machine à vertiges. Où le fond s’enlève dans la forme ou la forme s’enfonce dans le fond…
La forme apprivoise l’informe… elle ne le fait pas sans toucher à sa propre limite ouvrant ainsi sur l’invisible même… où il s’agit d'aller au fond des choses et de pousser la forme jusqu’au bord.
À la recherche donc de la… chimère de la toison… dissimulée comme un animal, agile, vif, deviné dans la végétation. Où il s’agirait de la traquer, de la lever. « Perdue dans l’obscure immensité la pointe de la langue cherche au fond de la toison la saillie du clitoris. »
Où l’on s’abandonne aux méandres de la forêt… dans des espaces de plus en plus obscurs et inquiétants… au delà d'une porte sur l’étrange… à la rencontre d’êtres fabuleux.
Le sexe de la femme est baroque… le chemin qui y mène est tortueux en ses capricieuses volutes… ça tourne en rond et on y perd le nord.
« Couché là-bas dans l’herbe odorante du fossé dans ce sillon de la terre respirant humant sa noire et âcre senteur d’humus… lapant son chose rose mais non pas rose rien que le noir dans les ténèbres. »
Pubis… poils pubiens. Dessin brouillon… Toute une étonnante prolifération d’arabesques spiralées, étranges et organiques… d’extravagants motifs d’encre noir… étranges et monstrueux. Les bords du trou qu’ils cachent ou délimitent sont d’ailleurs tout autant troublants.
Pour Derrida, la toison pubienne tisse, tresse, lisse, triche ses motifs. Le tracé enchevêtré de ses fils assure à la fois la couture et la recoupe… En elle tout se coud, se monte, donne lieu, sur les bords, à tous les ornements.
Me fait penser à cette princesse russe, héroïne d’un roman de Jean Hubert Gaillot qui… « bien installée sur sa chauffeuse, les talons reposant au bord du siège, genoux relevés, jambes écartées, toute nue… tenant dans sa main droite le trait argenté d’une longue aiguille de couture… employant des fils de soie et des brins de laine aux jolies couleurs ». Dans un poème elle évoque la forêt qui protège et dissimule l’accès au corps de la femme… elle est pleine de couleurs inattendues… et la lumière semble sourdre des profondeurs. « Elle brodait les lèvres de son sexe avec un luxe toujours enrichi de motifs, de frisures et de coloris ».
Et Pénélope songe… tandis qu’ondule sa navette d’or qui glisse, au-dessus, en dessous, entre les fils de chaîne.
Il faut la peindre et la peigner cette chevelure, cette toison, dessus, dedans…
Mais qu’est ce qui se trame dans les dessous ? Les méandres des fils de la trame sont poussés ici et là par un irrépressible désir de voir plus, au-delà, en deçà, par-dessous ou par derrière, sous tous les angles, dans toutes les perspectives. Un dessin-écriture brouillon… qui s’agrippe à la chose, s’insinue dans les anfractuosités, y décèle les cachettes les plus obscures, mais ce qu’on découvre toujours, au bout du compte, c’est l’ampleur de la chose.
« Ils se précipitèrent, écartant et froissant avec les mains ivres, les pétales de cette fleur de chair obscène et oppressante…. comme un satyre sevré écarte les jupons d’une fille au cœur de la rose… une sorte de puits ténébreux. Tout au bord de ce trou noir et profond comme un œil, ils se penchèrent et on ne sait quel vertige les prit… ils tombèrent dans ce regard profond… » jusqu’à y voir double… (Jean Genet cette fois)
Les pétales s'emboîtent et se combinent comme un mécanisme de la plus secrète serrurerie… ils ouvrent du sens occulte, tel un énoncé chiffré… une étrange formule kabbalistique, secrète…
Dans cette forêt sauvage… obscure et impénétrable… taillis et fouillis du mystère… le noyau en son cœur est comme une crypte énigmatique… un labyrinthe où l’on égare son doigt...
L’origine est de fait énigmatique… La proximité de ce que l'on va enfin voir chiffre notre jouissance.
Et si la clef de l’énigme se confondait avec l’énigme de la clef. Pour la Kabbale il existe un lieu où réside la clef et ce lieu en porte l’empreinte mais nous ne pouvons le connaître si ce n’est par la clef.
Regardez donc chez le Parmesan les petits crocs acérés de la zibeline… où prend forme la clef de l’énigme de ce qui est et de ce qui n’est pas.
La sphinge sirène avec ses ailes et ses hanches de feu littéralement serre et cèle… les réponses. C’est une serreuse… elle presse et engorge... le verbe... la semence s’erre.
Duchamp, qui avait horreur du poil mais qui s'interrogeait comme tout un chacun quant au mécanisme de l'origine du monde, décida de mettre à nu la mariée. Écorchée, elle exhibe dans une toile magnifique, les rouages elliptiques et lubriques du désir… dans des couleurs… beige rosé… avec une texture souple... comme du cuir ou du caoutchouc.
Ne sentez vous pas tout à coup le rose odorant et passé d’un cuir de Cordoue.
Une cordelette sort du corps en vrille comme un foret. Les torons enroulés suggèrent une mèche… une pointe qui la brûle... enroulés serrés…
Faut-il arrêter ce déroulement de la chaîne en elle… répondre à son emportement?
Picasso peindra inlassablement des femmes aux jambes écartées sur le milieu de leur chiffre secret. Où le sexe féminin devient écriture énigmatique… cryptogramme dont le déchiffrement est peut-être impossible. Où le peintre souligne l’existence d’un secret sans l’abolir. Il montre pour mieux affirmer que ce qui se montre renvoie à un caché… il exhibe la seule énigme. C’est lorsqu’il se donne davantage à voir que l’on découvre le mieux que le sexe s’avance masqué.
Où l’on est encore et encore curieux d’en savoir plus au sujet d’une chose curieuse. Argh cette envie de voir pour voir ce secret qui se perd de vue d’être trop en vue. Avec tous ces substituts saturants, suturant, grâce auxquels on se protège contre l’angoisse de l’indétermination et du non savoir et contre la radicalité de la question qui s’y joue.
Qu’est ce que l’art a à voir là dedans ? Qu’est ce qu’il donnerait à voir… ferait voir… laisserait voir… laisserait faire voir… se faire voir ? Avec tous ces suppléments... ces voiles transparents et le dessin étrange des lignes de rebroussement de leurs plis, ces doigts qui en rajoutent... ces roses... ces objets longs et pointus.
Loin de renfermer le faux, le dérisoire, l’absurde, cette châsse recueille les vérités les plus précieuses. On le suppose du moins à la seule vue des serrures qui la protègent… à tort peut être puisqu’il arrive que les coffres les mieux fermées soient vides. Ce serait alors cette oppressante dépression du coffre qu’il importerait de cacher… ce serait le secret du secret.
Mais attention... croire que l'illusion est un voile que l'on pourrait soulever, est aussi une illusion au sens où le voile est la structure même de notre désir de voir, d'être vu ou de se faire voir. Croire que les serrures ne sont là que pour nous faire tourner en rond et qu'elles peuvent être fracturées est donc également pure illusion... celles ci ne sont que la structure du secret...
La mise à nu du secret… le dévoilement de l’origine… où le voir dans le secret au-delà du secret joue sans cesse, doit jouer, ne peut que jouer entre tous les registres et portées de l’invisible, du caché, du crypté et du trou sans fond.
Où il s'agit de mettre le vide à nu.
C'est le trou rouge de Monet… le vide qui motive la peinture et qu’elle s’acharne à représenter.
Mais regardez Hendrickje Stoffels telle que Rembrandt l’a peinte… se baignant dans une rivière… elle se concentre entièrement sur le seul et très obscur miroir de l’eau passante… tournée vers son intimité… ses reflets sur l’eau… mais ouverte à la profondeur de son mystère.
Opacité de l’eau... dans lequel se réfléchit son désir de voir.
Le limon remonte entre ses doigts de pieds… l’odeur de la vase lui tourne la tête… tous ces reflets… ces algues brun olive sinueuses… et ces métamorph-r-oses… dans le farfouillis des ombres. Elle a les mains pleines d’étoffes...
Monet ne cessera sa vie durant de faire chatoyer ce qui ne peut être vu et que nous ne pouvons même pas caresser de la main.
Le pont japonais de Monet… dans l’ombre de son arche il poursuit son rêve de forme et de couleur presque jusqu’à l’anéantissement de son individu dans l’éternel nirvana des choses à la fois changeantes et immuables. Nous n’en finirons jamais d’écarquiller les yeux pour voir.
Ses nymphéas sont des bouches suspendues dans l’eau… qui s’ouvrent sous le coup d’une extase rose ou bleue… des vulves… charnues.
Francis Bacon, lui, n’aura jamais cessé de peindre ses bouches avec l’espoir qu’elles aient l’éclat du dernier nymphéa de Monet.
Tout est cru et délicat.
S’entrouvrent un instant les fleurs inattendues et éternelles qui changent de forme et de couleur.
Comme une pivoine dans un aquarium.
L’origine du monde, pour Monet, est à la fois un Kraken et un éventail en papier de soie.
Comme le dit Claude Simon les ténèbres ne sont pas noires mais comme lorsque l’on ferme les yeux et qu’on presse fortement sur les paupières violence éblouissement, éclat : pourpre, cinabre, soufre, corail, amarante, feu, cuivre, fauve….
Argh que nous cuisissions en enfer… roses bouillantes je vous vois dans le noir… un bouillonnement de rouges.
Une symphonie de rouges, de roses, de violacés de soie.
Et elle porte une jupe, une jupe violette, une jupe dont le violet s’assombrit… oui le violet vire au noir. Un violet d’une violence inouïe. Velvet underground.
Rouge sombre, grenat, cramoisi, couleur de sang noirâtre.
Eclats fuchsia, violine, brun orangé, cerise.
Violacé, lie de vin... Maroon.
Un rouge ou rosé sombre embrasé pour un corps qui se ramasse et se replie sur le foyer d’un sexe invisible dont l’irradiation le traverse. Touffeur sombre... nuit rose de l’entrecuisse... émerveillement vermeil, vermillonnant.
Alors pour Céline... "la motte volumineuse… ça s’étale partout… c’est trop… elle me met le nez là-dedans… c’est rouge, ça bave, ça jute… j’en ai plein les yeux… ça remue sous la langue. Je ne fais plus qu’un dans sa beauté… je suis transi… je gigote !"
Matière informe comme barbouillée touillée… avec cet effet de séduction dont nul ne peut dire quelque chose parce qu’on ne sait de quoi il s’agit. Comme une secrète identité de l’aimable et de l’abominable, le secret se protégeant en se dérobant ici dans l’indicible. L’innommable ne se pense que dans un système de nomination. On ouvre au fond du nommé le vide de l’innommable et on nomme ainsi cette ouverture.
Ce sont des images dont on ne peut ni supporter la vue ni détourner le regard… des images qui poursuivent l’iimagination. Est dit obscène ce qui repousse la vue et pourtant se montre… ce que l’on veut voir mais que l’on ne peut regarder… ce qui force le regard et le repousse. Encore cet oxymore de la dissimulation et du dévoilement qui structure notre désir de voir.
Les prunelles sont noires et dilatées… des trous fiévreux.
Elle voit qu’il voit qu’elle voit… elle écarte les cuisses… laisse remonter sa jupe… elle fait voir… elle fait voir qu’elle fait voir… elle guette ce que faire voir fait voir dans ces yeux qui la voient.
Nous cherchons quelque chose qui est impossible à voir. Un désir aveugle nous guide vers quelque proie, à dévorer du regard au point d'en perdre la vue... à s’en trouver ébloui, jusqu'à devoir marcher vers cette lumière absolue.
Elle était un chaos de lumière, losanges ondulant en flammes couchées, lignes dont la rétractation soudaine dessine un éclair qui s’étire et se tend pour se briser en zigzags. Je passerais avec toi "des nuits sur un toit à regarder les orages et en courant les dangers des éclairs sur ton visage et des étoiles près de toi". Images éclairs, images clés qui vous poursuivent.
/image%2F0395736%2F201302%2Fob_9f991cc67dc89bd2746fa62af5771435_arnolfini.jpg)
/image%2F0395736%2F20240911%2Fob_79b5ed_20240901-095109.jpg)
/image%2F0395736%2F20240911%2Fob_0ed190_francis-bacon-details-portrait-of-hen.jpg)
/image%2F0395736%2F20240916%2Fob_36dd9a_max-les-baigneuses-tableau-peint-par-j.jpg)
/image%2F0395736%2F20240916%2Fob_2abaa1_20240916-110750.jpg)
/image%2F0395736%2F20240917%2Fob_996fd2_2024-08-06-11-31-15-148.jpg)
/image%2F0395736%2F20240916%2Fob_f83f49_sans-titre.png)
/image%2F0395736%2F20240917%2Fob_65915a_20240911-145550.jpg)
/image%2F0395736%2F20240918%2Fob_5057b0_20240918-174224.jpg)
/image%2F0395736%2F20240918%2Fob_bfcd4b_screenshot-20240918-174141-arts-cult.jpg)
/image%2F0395736%2F20240917%2Fob_16d4f8_psx-20240916-165850.jpg)
/image%2F0395736%2F20240917%2Fob_85fb5c_20240906-121201.jpg)
/image%2F0395736%2F20240917%2Fob_c24c99_screenshot-20240905-130208-instagram.jpg)
/image%2F0395736%2F20240917%2Fob_0451b9_20240120-161821.jpg)
/image%2F0395736%2F20240917%2Fob_f3f9f0_2024-07-31-17-42-02-450.jpg)
/image%2F0395736%2F20240922%2Fob_772faf_20240922-113325.jpg)
/image%2F0395736%2F20240919%2Fob_cdc713_20200728-152808.jpg)
/image%2F0395736%2F20240917%2Fob_baf3c8_clef-des-champs-violon-et-artichauts.jpg)
/image%2F0395736%2F20240918%2Fob_af1f3b_parmesan-zibeline-detail.jpg)
/image%2F0395736%2F20240917%2Fob_0822de_mariee-mise-en-couleurs.jpg)
/image%2F0395736%2F20240918%2Fob_7f836e_scrupule-baroque-panneau-droit.jpg)
/image%2F0395736%2F20240918%2Fob_67ec70_20240918-183200.jpg)
/image%2F0395736%2F20240919%2Fob_92040a_20240919-114844.jpg)
/image%2F0395736%2F20240918%2Fob_e67aad_rembrandt-femme-riviere-b.jpg)
/image%2F0395736%2F20240918%2Fob_7e6fe8_monet-nympheas-4.jpg)
/image%2F0395736%2F20240920%2Fob_bd9e07_brouillon-auto-12.jpg)
/image%2F0395736%2F20240920%2Fob_cf7a88_20240920-112228.jpg)