Délirants dessous et leurs passages secrets
Halètements
C’est Deleuze qui parlait des deux halètements du lecteur… celui où l’on cherche à savoir ce qui a bien pu se passer et celui, comme symétrique, où l’on est impatient de savoir ce qui va se passer. Peut-être ne sont-ce d’ailleurs que les deux manières dont se divisent à chaque instant… le temps présent. Un temps étrangement inquiétant... qui se révélerait au travers d’une impatience qui dure… le temps de hacher menu le temps. Ce serait le secret bien gardé du temps… une tension jouissive… pour mieux le déplier et le décupler mon enfant !
Pour Deleuze la nouvelle en littérature était fondamentalement en rapport avec un passé resté secret… et là, il précisait que ce n’était pas avec un objet à découvrir, mais avec la… forme même du secret, par définition impénétrable. Où l’on se doute que le secret est peut-être plus une question de forme que de contenu. Le conte, toujours selon Deleuze, nous lance à la découverte de ce qui va se passer… et là encore dans sa forme même… soit dans l’attente de l’inattendu plutôt que dans ce qui va finalement surgir à nos yeux ébahis… ou bien dans l’errance et les divagations d’une quête plutôt que dans son but.
Ces deux halètements du secret et de ce qui va survenir - dans leur forme plus que dans leur contenu - sont bien sûr des jouissances… inquiétantes et excitantes… voire exultantes… ou encore rageantes au possible.
Et leurs formes ne sont pas sans se rapprocher parfois. Le fameux labyrinthe, dont on cherche désespérément le secret, n’est-il pas le même que celui où l’on se perd sans fin, inquiet des rencontres que l’on pourra y faire à chacun de ses détours. Le labyrinthe n’est-il pas en fait le lieu de prédilection de ces deux halètements. Celui où en quête du secret d’une Dame, on ne rencontre au passage que des monstres.
Ce sont ces lieux inaccessibles dans lesquels nous projetons des images d’horreur et de vide. Cela fait penser à "Alien" où l'on coure après son chat à travers le dédale des coursives pour se faire dévorer par le plus inimaginable des monstres. Combinaison d’attraction et de répulsion... dans une tension entre ce que nous pouvons représenter (le chat) et l’irreprésentable, l’horreur. Où il s’agit de trouver une image à ce qui n’en a pas.
« D’un dédale de couloir l’autre… un itinéraire que d’instinct !... à la raison, vous traviolez tout !... colimaçons… Un étage l’autre… bien… les couloirs et les tentures, les issues vraies, fausses… bien… les tire-bouchons d’escaliers, à travers lambris et poutrelles… des cache-cache et ombres à se faire poignarder. … Argh toutes les cachettes et labyrinthes !... escaliers en vrille… toutes les fausses issues, tous les zigzags et les paliers enchevêtrés !... devinettes à remonter redescendre… vraiment à se perdre… »
Où il s’agit juste, en passant, de se perdre savoureusement dans l’écriture labyrinthique de Céline… d’avoir l’instinct des dédales comme il disait.
La sécrétion du secret
Alors ce qui s’est passé et que l’on ne connait pas ou plus serait fondamental et structurant. Ce n’est pas la psychanalyse qui nous contredira, ni la politique et l’histoire qui ne cessent de nous rabâcher de l’importance du dessous des cartes, de l’inconscient… des secrets de famille.
En fait c’est comme si le secret, dans sa nature formelle, donnait lieu à des concrétions déroutantes qui finissent par nous faire oublier ce qui se cache en leur cœur. Des concrétions qui s’involuent en fait jusqu’à vouloir disparaître. C’est la lettre dans le paquet, le paquet dans le coffret, le coffret dans le tiroir à double fond…
Le secret… Deleuze disait que son contenu était trop grand pour sa forme… qu’il devait cacher sa forme au profit d’un simple contenant… une enveloppe ou une boîte. Mais cette involution est alors inséparable de deux choses : quelque chose doit suinter, quelque chose doit être entraperçu. Comme une alternance de sécrétions et de concrétions… pour un redoublement d’influence… dans un emboîtement sans fin de tiroirs et d’ouvertures entraperçues.
Me fait penser à la Chine ou à la Grèce ancienne où les épouses et concubines sont assujetties au sein de boîtes et de cours intérieures scellées et soustraites au regard. La dépouille du premier empereur chinois repose également au centre d’une douzaine de carrés massifs encastrés les uns dans les autres. C’est cette sensation enveloppante d’être au secret… immergé et protégé dans la quiétude géométrique... de boîtes imbriquées.
Mais quelle est donc la chose enclose et au secret dans les enceintes roses et grises, mais en dents de scie des villes toscanes telles que les peignait Lorenzetti… avec force chicanes réglant la délicieuse alternance des plans roses et gris… argh les faire coulisser les uns sur les autres… les uns dans les autres.
Trêve de digression, selon Deleuze, le secret a une manière de se répandre qui est prise à son tour dans le secret. C’est le secret comme sécrétion. Le secret comme contenu se dépasse vers une perception du secret, qui n’est pas moins secrète que lui. Une perception du secret qui en est le contraire mais qui en fait partie.
Le secret voudrait en fait ultimement aller vers une perception qui se voudrait imperceptible. D’une concrétion l’autre, le secret chercherait à s’élever de son contenu fini à la forme infinie du secret… imperceptible… les concrétions s’effondrant sur elles-mêmes… Comme si finalement rien ne s’était passé. De quoi faire rire les enfants.
Dans un dernier état le secret deviendrait une pure ligne mouvante : n’est-ce pas là le secret du peintre ou du musicien… les trois petits points de suspension de… Céline.
Le secret d’Alechinsky c’est qu’il pèle des... oranges. Il suffit de tourner autour avec le couteau pour que l’orange… mise à nu… devienne tout un monde (on peut même en faire une bande dessinée de science fiction). Une robe de peau d’orange... volute sans fin... spirale délovée.. déconstruit le volume... multipliant les replis et les ressources mystérieuses de la peau. Une chevelure serpente parmi un fouillis à éclaircir... entrelacs de boucles avec quelques raidissements aux angles.
Là, mon enfant, tout est courbe, rondeur... vertige féminin... écorces à fleur de peau pour rêver... dans le pouvoir d’enlacement des courbes.
Toute forme d’art qui accentue l’idée d’une surface au-delà de laquelle nous ne pouvons pas voir sera idéale pour capter notre désir. Nous cherchons toujours quelque chose qui est impossible à voir. On le cherche malgré tout. Au-delà de toute œuvre d’art, il y a le vide sur lequel elle se fonde et qu’elle évoque.
Comme ces pichets blancs et rouges de Vermeer qui matérialisent par leur ligne et leur volume l'espace caché et désiré… que peut être le regard cherche. Ou bien ces fameux fils de la dentellière... un fil qui n'imite rien... une coulure de vermillon. Les évidences mimétiques se mettent à chanceler. Le détail nous obnubile se métamorphosant jusqu'à se déperspectiver et n'exister que dans son pur rien coloré. Le secret de la peinture, c'est ce rien ! Qui vient du latin "res": la chose… cette chose de peinture qui, loin de sembler être l’autre chose qu’elle représenterait n’est rien d’autre que ce qu’elle est… et qui n’en reste pas moins fascinante... comme une ellipse.
L’ellipse est peut-être d’ailleurs le secret du langage. Elle a comme une structure de pli. Ce qu’elle recèle, détient ou retient, est contenu en elle. L’ellipse, en repliant les images, contient des évènements qui se sont produits mais qui ne se sont pas montrés.
La lettre volée que tout le monde cherche dans la nouvelle d’Edgard Poe est en fait en évidence… sur le manteau d’une cheminée. Curieuse missive qui circule tout au long de la nouvelle sans que l’on ait besoin de recourir à son contenu. C’est l’enveloppe – ou une simple feuille de papier pliée – qui fait seule péripétie. Où l’on ne fait que suivre le fil d’une pliure. Jusqu’à cette étonnante révélation… la lettre est suspendue à… un petit bouton de cuivre, juste au-dessous du milieu du manteau de la cheminée (« hung… from a little brass knob just beneath the middle of the mantel-piece »). Entre les jambages de la cheminée, voici l’objet secret à portée de main !
Le pli
Le pli, où la matière est rabattue pour faire double épaisseur, serait une des formes de base du secret.
C’est le baroque qui adorait les plis et ne cessait d’en faire. Toujours un pli dans le pli, comme une caverne dans la caverne. Partout mille plis de tissus bouillonnant et juponnant… comme pour mieux noyer le poisson.
Le baroque aimait investir ces lieux où ce qui est à voir est au-dedans (sacristie, crypte, châsse, cabinet de lecture ou de curiosités)… L’idéal baroque c’est en fait une pièce en marbre noir, où la lumière ne pénètre que par des orifices si bien coudés qu’ils ne laissent rien voir du dehors, mais illuminent ou colorent les décorations d’un pur dedans. La lumière glisse comme par une fente au milieu des ténèbres. Une lumière est scellée dans une chambre intérieure... étrange annonciation baroque qui vous fait pénétrer l’antre de la vierge. Et ce n’est pas la sainte Thérèse du Bernin qui nous dira le contraire… dans les plissements secrets et irrésistibles de son extase. Le marbre portant à l’infini des plis qui ne s’expliquent plus par le corps mais par l'expérience intime qui l’embrase.
Argh l’art baroque et ses plis… tous ses rubans boursoufflés et sinueux... qu’un vent intérieur semble animer et gonfler. Ou ces linges serrés et collant qu’une humidité intérieure plaque… et qui révèlent le corps mieux que la nudité. Où il s’agît de retourner la chose. Pour donner du secret encore et encore son oxymore… un intérieur qui s’extériorise (une intimité qui s'extime dirait Lacan).
Où le pli repousse la fente et le trou... pour former un écrin.
Un maximum de matière pour un minimum d’étendue. Avec au fond de l’unanime pli… le sceptre des rivages roses. Un bouton de cuivre. Le secret qui brûle toujours les lèvres.
Ce sont les plis qui ouvrent le désir. La tapisserie de la Dame à la licorne n’est formée que de surfaces mais elle palpite comme si elle permettait à l’œil, d’entrer dans la trame. Les fils se jouent de notre regard, le font déraper sur les moires et brocarts de sa robe. Les surfaces se chevauchent pour mieux faire onduler et vibrer l'ouvrage… où l’on s’évade dans un monde de merveilleux plis brillants... frémissements dans le froissement des tissus. Et puis ce jardin qui déborde sur la robe… une sorte de folie végétale… avec des lapins (cunniculus) qui sautillent partout. Le cunniculus en latin c'est aussi la petite galerie souterraine... konikles en grec c'est le sexe féminin. Comme si c'étaient les démons chatouilleurs de la Dame…
... sans oublier bien sûr cette étrange coquille noire si justement placée encore une fois.
Déjà, dans leur grotte, nos ancêtres en observaient les renflements et fissures…. qui leur révélaient l’image de ce qu’ils désiraient voir sans qu’ils aient su, d’abord, que c’était ainsi qu’ils désiraient le voir. C’est à la lueur tressaillante des flambeaux, l’œil désaxé, qu’il faut aller chercher le secret des fresques des premiers hommes. Au son d’une musique envoûtante… une cérémonie secrète pour les initiés de la chose.
Le labyrinthe des anciens grecs n’était-il pas la trace d’une danse rituelle… une descente en colimaçon dans les profondeurs d’une coquille. Pour mieux s'offrir au Minotaure mon enfant !
Si l’on a l’esprit matheux on peut aimer voir le labyrinthe comme une chose qui s’involue autour d’un attracteur étrange… qui en mathématique est cette forme parfois terriblement belle qu’épousent les systèmes chaotiques au fil des itérations. Argh le théorème du point fixe nous explique qu’à ressasser et répéter les choses, à tourner en rond sans cesse, on finit toujours à l’infini par s’approcher d’un ou de quelques points clés. Le chaos s’avère avoir un ordre sous-jacent et caché que l’on peut matérialiser en un attracteur étrange… virtuel mais bien réel. Je ne vous dessinerai pas celui auquel je pense…
Les dessous
Il y a aussi tous ces reliquaires que les fidèles touchaient sans bien en voir le contenu. Où une boîte sollicite le regard pour produire un comportement : s’agenouiller, toucher, embrasser, joindre les mains, baisser les yeux. Posture du corps… comme un suspens inversé… "je ploie et plie sous mon secret, voyez ce mystère qui me travaille". Ces attitudes commandées par le regard ne conduisent cependant pas le fidèle à une attention visuelle plus soutenue, à aller voir les reliques ou à mettre la main dessus. Il faut fermer les yeux… et bien respecter la chose dans sa châsse… l’adorer.
Où il s’agît d’exacerber le désir de voir. Comme une énigme exacerbe le désir de savoir (quand la forme n’est pas celle de son apparaître mais qu’elle adopte les contours des multiples éléments et informations qui en permettent la médiatisation).
St Thomas ouvre grand les yeux quand il touche la plaie du Christ. Il la palpe du bout des doigts sans pouvoir voir.
Mais alors le secret est-il dans le contenu ou dans la forme ?
Au cœur de la crypte, nous pouvons nous retrouver face à un tombeau, une châsse, un cénotaphe: c'est le lieu vide mais fondamental de la mort et du pouvoir. Mais si un trésor précieux ou une relique sacrée peut se nicher au cœur du système il n’en est pas moins très souvent étroitement lié à la honte.
C’est la honte qui conduit à cacher un événement et à vouloir cacher que quoi ce soit ait été caché. Honte de l’origine du pouvoir.
« Combien ils avaient pioché de trous, cachettes… oubliettes ?... dans la vase, dans les sables, dans le roc ? Sapeurs cachotiers !... tout l’afur était sous le château, les doublons, les rivaux occis… les hauts, le visible, formidable toc, trompe l’œil, tourelles, beffrois, cloches… pour le vent ! miroir aux alouettes !... et tout dessous : l’or de la famille !... et les squelettes. » (Céline)
Où il s’agit bien de retourner les cartes… les dessous… d’aller y voir ou d’y mettre la main. Reconstituer ces énigmes et ces puzzles qui doivent nous permettre de découvrir le secret des structures et le moyen de bouleverser les choses.
Les dessous… comme disait Derrida… avec ce mot nous ne pouvons pas ne pas nous sentir attirés, avec un désir mêlé de vague inquiétude, comme si quelque labyrinthe souterrain s’ouvrait sous nos pas pour nous conduire vers une crypte ou encore comme si quelque nudité à dévoiler levait en nous quelque impatience troublante… Les dessous ouvrent toujours sur un abîme possible, sur le fond du sans-fond, sur le vide possible d’un caveau ou d’un cénotaphe, c’est pourquoi les dessous tournent la tête et donnent littéralement ce qu’on appelle le vertige… Dans tous les cas, qu’il s’agisse de ce qui cache, de ce qui est caché ou de ce qui se cache en cette cache ou ce cache-sexe, qu’il s’agisse de ce qui est dissimulé ou de ce qui dissimule, du voilé ou du voile, les valeurs de clandestinité, de langage secret à déchiffrer, en viennent à s’érotiser. Les dessous sont toujours inquiétants et attirants, troublants, provocants comme des zones érogènes.
Le danger du vide
Le secret est souvent au-delà du conflit entre le désir et l’interdit… quelque chose tout simplement s’est réalisé. Qui doit être tu. Pour que l’on puisse parler de secret il faut que ce qui n’est pas dit fonctionne comme quelque chose à taire. Mais là où on pourra le moins en parler c’est lorsque manqueront les représentations de la chose. L’indicible n’a cependant pas qu’affaire avec l’irreprésentable. Où l’on se retrouve simplement incapable de parler de ce qu’on a fait, de ce qu’on a laissé faire, de ce dont on a été le témoin. Sachant qu’il est plus difficile parfois d’évoquer les humiliations dont ont été victimes ceux qu’on aime que celles que l'on a subies... avec ce sentiment de risquer d’humilier à nouveau en racontant leurs humiliations.
Si l’on se trouve devoir renoncer à l’espoir de le partager, l’événement en cause va s’encrypter. Les parois de la crypte seront faites de mots… à la phonétique proche ou encore allosèmes (comme une meurtrière qui ferme le regard…). Où il s’agit d’un côté de préserver l’événement caché comme pour le laisser disponible alors que de l’autre pour s’en débarrasser… on va effacer le chemin qui pourrait révéler aux autres le secret.
Ce qu’il y a d’étonnant c’est que les secrets se transmettent et qu’ils peuvent alors devenir encore plus perturbants voire dévastateurs.
Il y a ainsi des secrets de famille, bien connus, mais dont on ne donne pas le contenu. Où l’on dit ne pas avoir entendu ni avoir vu ce que l’on a vu. Mais un indicible peut se transformer en impensable pour la génération suivante si rien n’a été dévoilé. Le refoulement porte alors sur le désir de questionner et de comprendre… de combler le trou. Mais si un parent est porteur d’un impensable (il ne connait pas le secret et ne le saura jamais malgré toutes les questions) l’ensemble des comportements d’approche de son enfant vont être frappés de nullité. Le parent ne sait plus n’entend plus, ne voit plus : il est absent… et l’enfant se sent effacé. Où il ne s’agit plus d’objet perdu mais d’un trou… un objet virtuel et nécessaire… une tache aveugle où rien n’est renvoyé mais dont le scintillement risque de capter. Ce n’est pas un manque de quelque chose mais un manque pur. Où l’on se retrouve dans la fascination des lacunes symboliques. Dans un vide qui ne cerne pas un désir mais un secret. Où il s’agira de ne pas s’identifier au vide si l’on ne veut pas tomber dans le trou.
L’infini terrifiant du secret… où le manque devient le vide… un gouffre sans fond dans lequel on ne peut s’empêcher d’aimer plonger.
"Chaque niveau est un nouvel inextricable: galeries sombres et étroits boyaux se succèdent, se coupent, s'entrecroisent, se superposent... je m'enfonce dans chaque veine noire... Mais rien, Je ne trouve que l'obscurité... le vide... tout ceci n'est qu'une suite d'impasses sans issues. Il n'y a pas de solution à l'énigme... aujourd'hui j'ai atteint le fond. Il n'y a rien ici, en dehors de moi même."
La quête
Ce qui va se passer peut être aussi une longue quête de soi-même … une errance à randon, une vieille expression française qui signifie avec… impétuosité, mais qui tournera à l’aléatoire en anglais pour donner « at random » : au hasard… avec toutes ses surprises et ses supplices ! C'est que ce qui va se passer vous tombe… dessus... suspens permanent. Qu’importe finalement l’objet de la quête, plus tortueux et hasardeux sera le chemin ou la voie et mieux ce sera. A moins que la Chose que l'on ne cherche ne soit le sombre dédale en… lui-même !
Un lent et sinueux processus d’investigation. L’œil surmonte la pénombre à la manière d’une lampe torche. Où il faut dissiper le mystère d’une chambre. Comme dans l’« Intérieur, Mystère » de Vuillard où tous les objets susceptibles d’être identifiés restent fragmentaires. Un clair-obscur qui est à l'opposé du plan qui matérialise l’exigence de lumière qui conduit à l’élucidation.
Où, de haut, l’on suit du doigt le fil du labyrinthe… comme les oiseaux dans le ciel.
Alors pourquoi cherche-ton ? Parce que nous sommes des chasseurs et des…. cueilleurs. Chercher, c’est à l’origine errer en rond. Les rapaces tournoient au-dessus de leur proie. Ils cherchent tandis que nous spéculons sur leur vol. Nous regardons de loin où vont s’abîmer les vautours. Charognards que nous avons été avant que d’être de grands chasseurs.
Le guet de chasse est venu après. Où ce qui n’est pas là structure le jeu des regards. Comme en stratégie, ce qui compte ce n’est pas de voir où l'autre est c’est de voir où il va… voir où il n'est pas… encore.
Mais à l’origine nous sommes des cueilleurs en quête de petites baies rondes et succulentes.
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